Une nuit dans le fournil de Mair's Bakehouse

Une nuit dans le fournil de Mair’s Bakehouse

À 5 heures et demie, après une très courte nuit de sommeil, je me précipite dans le fournil pour aider Rick à démarrer le feu dans le four. Nous empilons de longues pièces de bois fendues les unes en travers des autres. Le feu prend presque instantanément dans ce bois sec et rapidement de larges flammes voluptueuses couvrent l’intérieur de la voûte. La chaleur intense irradie le fournil pendant que Maggie emballe les pains pour la livraison. Déjà, Rick fait ses calculs en prévision de la journée. Ce sera plus de six fournées qui seront nécessaires aujourd’hui pour réaliser les pains qui seront vendus, samedi, dans divers marchés.

Dans ce four dont la sole mesure environ 5 pieds (1,5 m) de largeur par 7 pieds (2,1 m) de longueur, Rick peut cuire environ 55 miches de 400 g, ou bien 35 miches de 800 g. En boulangeant trois jours par semaine, il parvient à fournir du pain pour trois marchés hebdomadaires (à Machynllith, Aperyswyth, Skitty, Mumbles ou Lampetel, en alternance), quelques boutiques d’aliments santé et quelques clients réguliers.

À 63 ans, Rick contemple désormais un avenir — plutôt proche que lointain — où il pourrait boulanger deux jours par semaine. «J’ai l’esprit d’un homme de 20 ans, mais le corps d’un homme de 63 ans», souligne-t-il.

Ensemble, Rick et Maggie souhaitent transmettre un jour leur domaine à un groupe de personnes qui créeraient une coopérative et qui souhaiteraient à la fois faire du pain pour le bien des gens ainsi que s’occuper de personnes nécessitant des soins adaptés.

La mémoire de leur fille Mair et les quelque 100 000 miches de pain que Rick a cuites depuis l’ouverture de sa boulangerie, en 2008, imbibent l’esprit d’une boulangerie pétrie de passion, de bienveillance et de compassion. Nous nous y sommes sentis accueillis entièrement, comme si nous étions rentrés chez nous et que nos parents nous y attendaient.

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